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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 07:24

Lors d'un stage d'arbitrage à Cannes, voici déjà deux ans, j'avais rencontré Jean-Marc FLOUZAT, un joueur licencié au club de l'Echiquier Clermontois Arverne (Puy de Dôme).

 

Déjà arbitre confirmé, et notamment du tournoi international de Clermont, évoluant en Nationale (2195 F), mais aussi amateur de pêche à la truite -également arbitre de la discipline-, ancien joueur de rugby et toujours supporter (devinez de quel club !), enfin plongeur en lacs et à l'occasion en Méditerranée. Bref, un personnage éclectique, aux centres d'intérêts divers et variés, comme on aimerait en rencontrer davantage dans le monde des échecs.

 

De lui qui enseigne les échecs dans les écoles maternelles entre autres, j'étais curieux de connaitre la méthode. En effet, si les enfants plus âgés acquièrent assez rapidement les règles que nous leur présentons, faute d'un savoir-faire, il nous est plus difficile d'intéresser les tout-petits. Et c'est avec beaucoup de gentillesse que, retourné dans ses lointaines montagnes du pays des Arvernes, il nous a fait parvenir le topo qui suit.

 

Je laisse donc la parole à Jean-Marc que je remercie et aussi félicite puisqu'il va bientôt passer AF2 (alors que je piétine toujours AF4 !).

 

"Il y a d'abord un jeu : Le loup et les moutons.


Le but est d'apprendre la marche des pièces (1 tour noire contre 5 pions blancs, 1 fou ou cavalier noir contre 3 pions blancs, 1 dame noire contre 8 pions blancs). Le loup, c'est la pièce noire, les moutons ce sont les pions blancs. Les pions blancs sont disposés les uns à côté des autres sur la rangée n°2 et le loup (la pièce noire) est sur la rangée n°8 (A8 pour la tour, le fou, le cavalier, C8 pour la dame).

 

Comment gagnent les moutons ? (deux manières, une seule suffit).

- un mouton arrive à la 8ème rangée.

- un mouton mange le loup. (la honte pour le loup !)

 

Comment gagne le loup ? (deux manières, une seule suffit).

- Le loup mange Tous les moutons avant qu'un d'entre eux arrive sur la 8ème rangée.

- il ne reste qu'un mouton que le loup bloque en se mettant devant lui.

 

On peut faire aussi des matchs Moutons contre Moutons (8 pions noirs contre 8 pions blancs, avec possibilité de match nul si tous les pions sont bloqués)

 

Le conte, afin de présenter aux enfants l'échiquier et les pièces de jeu :

C'est la première séance que je fais aux débutants. Je l'appelle "La belle histoire du jeu d'échecs". Elle s'inspire du livre (apparemment épuisé) de Gérard VICHAT "Légende cachée".

 

Il faut un échiquier mural et ses pièces. 

 

A chaque fois dans le conte que l'on parle d'une nouvelle pièce, on la présente aux enfants et on la dispose sur l'échiquier mural à son emplacement en début de partie.

 

La trame du jeu est la suivante : (après on peut broder à son gré selon son imagination)

 

Sur le grand royaume de l'Echiquier (présenter l'échiquier mural vide), il y a des siècles de ça, on pouvait voir au loin depuis les deux Tours blanches situées aux deux coins. C'étaient deux grandes Tours qui montaient dans les nuages, bien plantées dans le sol, faites d'énormes pierres très lourdes : c'était le Château des Blancs.

 

Au milieu de ce château, vivait le chef, le Roi blanc. Il était seul, vieux et gros, ne pouvant, de ce fait, se déplacer que lentement dans son immense château.


De l'autre côté de l'Echiquier se trouvait le château des Noirs (présenter les deux tours noires et le roi noir, avec les mêmes caractéristiques que leurs homologues blancs et les disposer sur l'échiquier mural). Pour toutes les autres pièces introduites, on pourra jouer sur la jalousie entre les deux rois et ensuite entre les deux dames : chaque voulant ce que l'autre a.

 

Introduire dans l'ordre :


- les deux dames, (un roi veut une belle dame à ses côtés pour ne plus être seul dans son immense château, la dame veut bien venir y habiter, sous réserve d'être la plus forte du château et de pouvoir se déplacer très vite et dans toutes les directions). L'autre roi veut aussi une dame car il est jaloux. Les dames sont coquettes, c'est pourquoi elles viennent à côté des rois sur une case de la couleur de leur robe.

 

- les quatre fous, des rigolos qui font tout de travers (sur les diagonales) racontent des blagues et amusent le roi et la dame.

 

- les quatre cavaliers, des chevaux magiques qui savent parler, lire, écrire et bien sûr sauter par dessus les autres.

 

- les huit pions, (chacun est le petit serviteur de la pièce devant laquelle il est, pour l'aider à faire ses lacets, son lit le matin et . . . beurrer ses tartines)

 

Quand toutes les pièces sont installées, on raconte qu'un des rois à l'idée de faire un cache-cache entre les deux châteaux. Les Rois doivent se cacher pour ne pas être vus par les pièces de l'autre château. Et si un roi est vu et qu'il ne peut pas se mettre à l'abri de leur regard, il aura perdu la partie. Ce jeu s'appelle le jeu d'échecs puisqu'il se joue au Royaume de l'Echiquier.

 

Tout le monde veut et peut jouer avec la marche qui lui est propre (la rappeler)....... sauf les tours qui sont faites d'énormes pierres et profondément plantées dans le sol. Les rois proposent donc que tout le monde joue sauf les tours.

 

Ces dernières, les seules à être exclues, sont très en colère, menacent de trembler ou d'éternuer très fort pour faire se disloquer les pierres qui s'écrouleront sur les châteaux et tueront tout le monde (Quel drame !)

 

Les rois s'arrachent les quelques cheveux qu'il leur reste pour trouver une solution :


Tous les personnages des châteaux se mettent au pied des tours pour essayer de les pousser tous ensemble. . . mais rien n'y fait, elles ne bougent pas d'un centimètre.


Les rois n'osent imaginer la force extraordinaire qu'il faut avoir pour soulever et déplacer des tours si énormes. On semble dans l'impasse et l'écroulement des tours sur les habitants imminent.

 

C'est alors qu'un des rois, scrutant désespérément l'horizon à la recherche d'une solution, crie "euréka, j'ai trouvé, je les vois ces géants et ces géantes qui sont si forts, qui soulèveront ces tours comme si c'était des plumes !"

 

Et là, on joue le rôle du roi, on met les mains autour de la bouche comme pour faire un porte-voix et on appelle à l'aide un des enfants du groupe par son prénom en le faisant précéder de "géante" ou "géant". Par exemple "géante Lucie, vient nous aider et montre que tu es assez forte pour faire bouger les tours !". 

 

Instant de confusion où les enfants comprennent plus ou moins que ce sont eux les géants.

 

L'enfant vient vers l'échiquier mural et soulève une tour pour montrer aux autres combien il est costaud et digne de son appellation de Géant. C'est la révélation : tous les enfants seront les géants qui feront bouger les pièces.

 

C'est la fin du conte"

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Published by les-echecs-a-cuers
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commentaires

Michaël 27/09/2013 22:01

La magie du conte ! C'est très bien raconté. C'est quand même mieux d'être un géant qu'un vulgaire pousseur de bois voire de plastique...
Signé : un géant.